L’exercice matinal qui va surprendre votre mari (ou votre femme)

Chère lectrice, cher lecteur,

Dans une lettre précédente, nous avons évoqué les risques que font peser sur notre santé les mauvaises nouvelles – sur le monde qui va mal, les virus qui menacent, la planète qui chauffe, qui coule, qui meurt, le chômage qui monte, etc.

Eh bien ça se précise sur le sujet !

Une étude récente de chercheurs de l’université UCL à Londres et de l’Inserm a montré que les pensées négatives récurrentes pourraient augmenter le risque de développer la maladie d’Alzheimer[1] !

Sur une période de deux ans, les participants à l’étude ont répondu à des questions axées sur les expériences négatives qu’ils avaient l’habitude de ressasser.

Leur fonction cognitive a été évaluée en s’intéressant notamment à la mémoire, l’attention, la cognition spatiale et le langage.

Parmi ces participants, 113 ont également fait l’objet d’examens d’imagerie cérébrale pour mesurer les dépôts de protéines tau et amyloïdes, responsables du type de démence le plus fréquent – la maladie d’Alzheimer – en cas d’accumulation dans le cerveau.

Les chercheurs ont découvert que les personnes présentant des schémas plus prononcés de PNR (pensées négatives récurrentes) faisaient l’objet d’un plus grand déclin cognitif, ainsi que de troubles de la mémoire, et qu’ils étaient plus susceptibles de présenter des dépôts de protéines tau et amyloïdes dans leur cerveau.

Les pensées négatives : des « ondes mentales » dangereuses !

Dans une précédente étude sur 300 adultes de plus de 56 ans, des chercheurs de l’Université de Toronto avaient montré qu’une perception négative de soi-même entraînait des conséquences bien réelles sur la santé physique[2].

Les participants à cette étude qui avaient des opinions négatives sur le vieillissement et sur leurs propres capacités à entendre et retenir les choses, sont aussi ceux qui ont obtenu les plus mauvais scores aux tests d’audition et de mémoire.

L’estime et la confiance en soi conditionnent ainsi les capacités physiques et cognitives, et c’est particulièrement vrai lorsqu’on avance en âge.

Ce n’est pas un hasard si les plus de 50 ans qui nourrissent une attitude positive à l’égard du vieillissement vivent en moyenne 7 ans de plus que ceux qui en ont une image négative ![3]

C’est dire la puissance terrible de la pensée négative…

…et LA FORCE IMMENSE de la pensée positive !!!

Alors la question bien sûr est : comment se protéger de ces « ondes » mentales néfastes dont la société de l’information nous abreuve ? Et comment favoriser un écosystème de pensée qui nous fait du bien ?

Réflexe numéro 1 : Fuir la connexion. Éteindre la télévision. Limiter l’usage d’internet.

Retrouver la nature, le ciel, les arbres, les oiseaux qui discutent, les animaux qui passent.

Reprendre son chemin intérieur, et avec lui découvrir l’immensité que nous pouvons découvrir en nous.

Je vous ai déjà parlé du sculpteur Giacometti, qui occupait à Paris un atelier sans électricité ni eau courante dont la surface était à peine de 20 m2.

« C’est drôle, disait-il, quand j’ai pris cet atelier en 1927 il m’a paru minuscule. Mais plus je restais, plus il grandissait. Je pouvais y faire tout ce que je voulais ».

C’est son espace intérieur à lui qui avait grandi !

Et pour travailler à cet agrandissement intérieur, les scientifiques aujourd’hui sont convaincus qu’il existe un « outil » surpuissant : la méditation.

Méditation : ce qu’elle fait à votre cerveau en seulement 8 semaines !

Une équipe de neuroscientifiques d’Harvard au Massachusetts General Hospital, a été conduite sur 16 hommes et femmes, tous en bonne santé.

Leur point commun : aucun d’entre eux n’avait pratiqué la médiation au cours de leur vie.

Pendant huit semaines, les participants ont suivi un cours d’entraînement à la méditation, à raison de 27 minutes en moyenne par jour. Une IRM était effectuée avant et après chaque séance, pour contrôler et consigner tout changement survenu dans leur cerveau.

Les scientifiques ont ensuite comparé ces résultats avec ceux d’un groupe témoin, qui lui n’avait suivi aucun cours de méditation.

En quelques semaines à peine, le cerveau des participants a subi des changements structurels majeurs.

D’abord une très forte augmentation de densité de matière grise au niveau de l’hippocampe (cette zone située au coeur des deux lobes cérébraux détermine par son activité électrique nos capacités d’orientation, de mémoire et d’attention).

Concrètement, quand la densité de matière grise augmente, cela veut dire que le nombre de neurones augmente.

Or, plus il y a de neurones, plus il y a de connexions entre eux. Et c’est précisément la multiplication de ces connexions qui fait la vitalité de telle ou telle zone du cerveau.

Les chercheurs ont également découvert que la méditation provoquait la diminution de la densité de cette même matière grise dans une autre zone du cerveau, liée cette fois au stress et à l’anxiété : les amygdales cérébraux (deux petits noyaux en forme d’amandes sont situés juste au-dessus de l’hippocampe).

Moins de neurones dans cette zone signifie cette fois moins de stress ! Ce que confirment les participants : tous ont rapporté se sentir beaucoup moins stressés depuis qu’ils avaient introduit la méditation dans leur quotidien. Le groupe témoin n’a en revanche présenté aucun de ces changements.

Changer d’état d’esprit en deux minutes !

Enfin, lorsque vous vous sentez « négatif », déprimé ou simplement « en retrait », une chose simple à faire est d’analyser votre…posture.

Des chercheurs en psychologie des universités de Harvard et de Berkeley ont en effet publié une étude dans le Journal of Association for psychosocial science, qui révèle que les postures de « prostration » (tête baissée, jambes croisées, mains crispées, dos vouté) entretiennent un sentiment d’impuissance chez les individus.

Inversement, les postures « expansives » (bras grand ouverts, buste et tête redressés, torse bombé) alimentent un sentiment de puissance et de confiance en soi.

La clé de tout ceci ? Nos hormones !

Les postures expansives augmenteraient notre sécrétion de testostérone, ce qui va faire diminuer le niveau d’une autre hormone, le cortisol, associée au stress.

« En moins de deux minutes, il est possible de complètement faire basculer son état intérieur pour s’armer face aux situations de stress du quotidien », explique la responsable de l’étude !

Un peu comme les rugbymen néo-zélandais qui font le « Haka » pour se donner du courage avant un match, vous pouvez vous encourager dans votre salle de bains le matin pour retrouver un meilleur état mental intérieur.

Bon, au début, l’exercice vous paraîtra un peu étrange (et à votre entourage aussi…), mais c’est efficace pour développer des ressources intérieures pour se lancer à l’assaut des épreuves.

Santé !

Gabriel Combris

Editions VivaSanté – Service courrier – 11 bis rue Felix Poyez – 77000 Melun – France